En bref. La grossesse s’accompagne d’analyses régulières : groupe sanguin, numération, sérologies, glycémie et analyses urinaires. Le calendrier précis est fixé par le médecin ou la sage-femme qui assure le suivi.
Le suivi biologique d’une grossesse poursuit trois objectifs : vérifier que la future mère va bien, dépister ce qui peut être prévenu ou traité, et anticiper l’accouchement. Les examens s’échelonnent du premier trimestre jusqu’aux dernières semaines, selon un protocole que votre praticien adapte à votre situation.
Le bilan du début de grossesse
Après la confirmation de la grossesse — souvent par un dosage sanguin de bêta-HCG, plus précoce et plus fiable qu’un test urinaire —, un premier bilan est prescrit. Il comporte habituellement :
- La détermination du groupe sanguin et du Rhésus, avec recherche d’agglutinines irrégulières. Ce point est essentiel : une mère de rhésus négatif portant un enfant de rhésus positif nécessite une prévention spécifique.
- Une numération formule sanguine, pour dépister une anémie fréquente pendant la grossesse.
- Des sérologies : toxoplasmose et rubéole notamment, afin de savoir si vous êtes immunisée.
- Une analyse d’urines, à la recherche de sucre, de protéines ou d’une infection, y compris sans symptôme.
D’autres sérologies peuvent être proposées selon le contexte et les recommandations locales. Le principe reste le même : savoir ce que l’on peut prévenir.
Toxoplasmose et rubéole : pourquoi ce suivi répété
Si la première sérologie montre que vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, un contrôle mensuel est habituellement instauré jusqu’à l’accouchement. L’objectif est de repérer immédiatement une contamination en cours de grossesse, qui peut avoir des conséquences pour le fœtus.
En attendant, les mesures de prévention comptent autant que la sérologie : viande bien cuite, lavage soigneux des fruits, légumes et herbes, port de gants pour jardiner, prudence avec la litière du chat. Pour la rubéole, une absence d’immunité conduit à proposer une vaccination après l’accouchement, la vaccination étant contre-indiquée pendant la grossesse.
Le dépistage du diabète gestationnel
Le diabète gestationnel apparaît ou se révèle pendant la grossesse et disparaît le plus souvent après l’accouchement. Il expose à un excès de poids fœtal et à des complications à l’accouchement, d’où l’intérêt de le repérer.
| Situation | Modalité fréquente |
|---|---|
| Facteurs de risque présents (surpoids, antécédent familial, antécédent de diabète gestationnel, âge) | Glycémie à jeun dès le début de la grossesse |
| Dépistage en cours de grossesse | Test d’hyperglycémie provoquée par voie orale, entre le 5e et le 7e mois environ |
Le test d’hyperglycémie provoquée dure plusieurs heures et impose de rester au laboratoire, à jeun, avec des prélèvements successifs. Prévoyez du temps, de quoi patienter, et signalez tout malaise. La différence entre glycémie et hémoglobine glyquée est expliquée dans un autre article.
Les contrôles des derniers mois
Au fil de la grossesse, plusieurs examens sont répétés : numération pour surveiller l’anémie, recherche d’agglutinines irrégulières chez les femmes rhésus négatif, analyses urinaires mensuelles à la recherche d’albumine et de sucre. En fin de grossesse, un bilan est réalisé en prévision de l’accouchement, notamment un contrôle de la coagulation et du groupe sanguin, exigé par les équipes obstétricales.
Une recherche de portage bactérien peut également être proposée en fin de grossesse pour prévenir une infection du nouveau-né : les modalités relèvent du protocole de la maternité.
Bien organiser ses prélèvements
Quelques conseils simples rendent le suivi plus confortable :
- Venez de préférence en début de matinée lorsqu’un jeûne est demandé — le laboratoire ouvre à 7h30 en semaine.
- Gardez tous vos comptes rendus dans une pochette : les sérologies mensuelles se comparent d’un mois sur l’autre, et la maternité vous les demandera.
- Signalez votre grossesse à l’accueil : plusieurs valeurs de référence sont différentes chez la femme enceinte.
- Prévenez en cas de malaise à la vue du sang : le prélèvement peut se faire allongée.
Questions fréquentes
Le test de grossesse sanguin est-il plus fiable que l’urinaire ?
Il est plus précoce et quantitatif : il mesure le taux de bêta-HCG, ce qui permet aussi d’en suivre l’évolution si nécessaire.
Faut-il être à jeun pour les sérologies mensuelles ?
Non. Seuls la glycémie et certains bilans exigent le jeûne : c’est indiqué sur l’ordonnance.
Pourquoi refaire un groupe sanguin déjà connu ?
Une carte de groupe valide exige deux déterminations réalisées sur deux prélèvements distincts : c’est une règle de sécurité transfusionnelle.
Les analyses d’urines sont-elles vraiment utiles chaque mois ?
Oui : elles dépistent une infection sans symptôme ou l’apparition d’albumine, signe qui doit être pris en charge rapidement.
Conclusion
Le suivi biologique d’une grossesse n’a rien d’une accumulation d’examens : chaque prélèvement répond à une question précise, à un moment précis. Le meilleur réflexe consiste à suivre le calendrier fixé par votre praticien et à conserver soigneusement l’ensemble des résultats.
À lire aussi : bien recueillir ses urines pour un ECBU, carence en fer et ferritine, et les analyses du laboratoire. Des repères sur la santé maternelle sont publiés par l’Organisation mondiale de la santé.
