En bref. La sérologie de l’hépatite B combine plusieurs marqueurs qui, ensemble, distinguent une infection ancienne guérie, une infection active et une protection vaccinale. Celle de l’hépatite C repose d’abord sur la recherche d’anticorps, confirmée si besoin par la recherche du virus lui-même.
Ces sérologies figurent dans de nombreux bilans : avant une intervention, en début de grossesse, devant un bilan hépatique perturbé ou dans le cadre d’un dépistage. Leur lecture déroute souvent, car un seul marqueur ne suffit jamais à conclure.
Hépatite B : trois marqueurs de base
| Marqueur | Ce qu’il signale |
|---|---|
| Antigène HBs | Présence du virus : infection en cours |
| Anticorps anti-HBs | Protection, acquise par vaccination ou après guérison |
| Anticorps anti-HBc | Contact antérieur avec le virus |
La combinaison de ces trois marqueurs raconte l’histoire :
- Anti-HBs seuls positifs : profil vaccinal, sans contact avec le virus.
- Anti-HBs et anti-HBc positifs, antigène HBs négatif : contact ancien avec le virus, avec guérison.
- Antigène HBs positif : infection en cours, qui appelle une consultation et des examens complémentaires.
- Tous négatifs : ni contact, ni protection — situation qui peut conduire à proposer une vaccination.
Cette lecture combinée explique pourquoi votre médecin prescrit plusieurs marqueurs et non un seul : un antigène HBs isolément négatif ne dit rien de votre protection.
Hépatite C : deux étapes
Le dépistage repose d’abord sur la recherche d’anticorps anti-VHC. Un résultat positif signale un contact avec le virus, sans dire si l’infection est encore active : une partie des personnes exposées éliminent spontanément le virus tout en conservant leurs anticorps.
C’est pourquoi un résultat positif conduit à une seconde étape : la recherche du virus lui-même par une technique de biologie moléculaire. Sa présence signe une infection active, son absence une infection ancienne guérie. Cette distinction est essentielle et ne peut pas se déduire de la seule sérologie.
Dans quelles situations ces examens sont-ils prescrits ?
- Bilan de grossesse, dans lequel la sérologie de l’hépatite B est habituellement demandée — voir le calendrier des analyses de grossesse.
- Bilan hépatique perturbé, à la recherche d’une cause virale — voir le bilan hépatique.
- Avant une vaccination ou pour vérifier une protection acquise.
- Avant certaines interventions ou traitements, sur prescription.
- Après une exposition potentielle, selon l’évaluation du médecin.
- Dans un bilan de santé, lorsque le médecin l’estime utile — voir le bilan de santé après 40 ans.
La question du délai
Une sérologie ne détecte pas une infection immédiatement après une exposition : il existe une période pendant laquelle les marqueurs ne sont pas encore décelables. Un examen réalisé trop tôt peut donc être négatif alors qu’une infection est en train de s’installer. C’est votre médecin qui détermine le moment approprié du prélèvement et, le cas échéant, la nécessité d’un contrôle ultérieur.
Comment se préparer
- Le jeûne n’est pas nécessaire pour ces sérologies. Il peut l’être si d’autres examens sont associés — voir notre article sur le jeûne.
- Apporter l’ordonnance complète : le libellé exact détermine les marqueurs recherchés.
- Signaler une vaccination récente contre l’hépatite B, qui explique la présence d’anticorps.
- Mentionner un examen antérieur : la comparaison facilite l’interprétation.
Confidentialité des résultats
Les résultats sérologiques sont couverts par le secret professionnel, comme l’ensemble de vos analyses. Ils ne sont remis qu’à vous-même ou au médecin prescripteur, selon les modalités que vous avez indiquées. Un résultat positif n’est jamais communiqué par téléphone à un tiers.
Questions fréquentes
Une sérologie positive signifie-t-elle que je suis malade ?
Pas nécessairement. Des anticorps peuvent traduire une infection ancienne guérie ou une vaccination. Seule la lecture combinée des marqueurs, par votre médecin, permet de conclure.
Suis-je protégé si j’ai été vacciné il y a longtemps ?
Le dosage des anticorps anti-HBs permet de le vérifier. La conduite à tenir en cas de taux faible relève de votre médecin, qui tient compte de votre situation et de vos expositions.
Faut-il refaire l’examen en cas de résultat positif ?
Un contrôle est habituel pour confirmer, et des examens complémentaires sont prescrits pour préciser la situation. Ne tirez pas de conclusion d’un premier résultat isolé.
Ces examens sont-ils douloureux ou longs ?
Il s’agit d’une simple prise de sang veineuse, identique à celle d’un bilan courant. Le délai de rendu vous est indiqué au moment du prélèvement.
Conclusion
Les sérologies des hépatites B et C ne se lisent jamais marqueur par marqueur : c’est leur combinaison qui a du sens. Un résultat, quel qu’il soit, appelle une interprétation par votre médecin, qui seul peut le replacer dans votre histoire et décider des suites.
Pour aller plus loin : le bilan hépatique, les analyses de grossesse, et nos domaines d’analyses. Des informations générales sur les hépatites virales sont publiées par l’Organisation mondiale de la santé.
